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  • Marc Falvo

Comment nait un personnage de série comme Stan Kurtz ?




Au commencement était le chapeau mou… Ou l’imper ?

En tout cas, au commencement était ma passion pour les détectives privés. A peu près depuis l’adolescence. Les limiers de fiction à la Philip Marlowe ou Sam Spade, redresseur de torts souvent malgré lui, sans patron à qui rendre des comptes, libre et décontracté… On peut dire que ça me faisait rêver. Au point de vouloir en devenir un moi-même. Hélas, le boulot de privé de roman hard-boiled et celui du monde réel n’ont plus grand-chose à voir, surtout au vingt-et-unième siècle, alors je me suis cantonné aux légendes.

Et puis, il y a eu X-Files.

Et puis il y a eu San Antonio, Tex Murphy et Dylan Dog.

Je n’expliquerai pas la moindre de mes références – je vous conseille plutôt de vous jeter dessus, il y a à boire et à manger – mais chaque fois, l’image de l’enquêteur, à travers ces books, ces films, ces bandes dessinées ou ces jeux, s’en est trouvée enrichie... Le polar s’est teinté d’étrange, le drame d’humour, une couche de dinguerie stylistique a couvert la prose sèche et tendue qui me paraissait obligatoire, bref, de tout ce magma foutraque a fini par émerger celui dont on m’a demandé de vous causer aujourd’hui…

Stan « l’Infra-Détective » Kurtz.

D’abord un premier scénario – resté lettre morte – puis un premier roman mal dégrossi, qui deviendrait la véritable entame du personnage, Série B. Nous étions alors en 2008. Et, presque quatorze ans et une douzaine de volumes plus tard, sans compter un détour par le livre audio, l’ami Stan a connu son lot de turpitudes…

Mais qui est Kurtz ? Une erreur de casting. Un accident industriel, la mauvaise bouture d’une époque malade, et j’en passe. C’est un looser qui réussit. Un dinosaure autoproclamé, qu’aucune météorite ne saurait éteindre. C’est un super-héros sans super-pouvoirs, ni autre cause à défendre que sa propre tranquillité. Pourtant l’injustice sociale, l’indifférence et la bêtise de ses contemporains le font bondir. Allez comprendre…

Et puis, il reste son unique narrateur.

Ses histoires passent au tamis de son seul point de vue. Parfois, peut-être s’accommode-t-il un brin de la réalité pour la tourner à son avantage… Ou pas, car il sait aussi être lucide, sur ses défauts béants et ses rares qualités.

Comment nait un personnage tel que lui ?

De la frustration, bien sûr. Quoi d’autre ? Celle du gamin qui ne réalise jamais son rêve, de l’auteur débutant qui se cherche un alter ego, un punching-ball. Mais, presque quatorze ans et douze volumes plus tard – tous réédités ou en passe de l’être chez Faute de frappe, qu’on se le dise ! – chacune de ses incartades nait du plaisir. Celui de retrouver un vieux pote, une épaule sur laquelle se reposer un peu. Le plaisir de faire plaisir, en sus, puisque l’ami Stan gagne d’année en d’année son lot de lecteurs…

Et si vous étiez le prochain ?


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